
Pérou : d'Arequipa à Cusco en sac à dos avec les parents, après le sud à moto
« Au Pérou, chaque route est une route scénique. »
On sort de Bolivie par le Chili, on file plein nord et on passe au Pérou. Neuf jours de moto jusqu'à Arequipa, puis changement de programme : les parents d'Adeline débarquent, les motos restent au garage et on part quinze jours en sac à dos. Nouveau pays, nouveau rythme.
Retour express au Chili, puis cap sur le Pérou
Le 1er juin, on quitte la Bolivie. La frontière traîne : côté bolivien, on remplit trois fois de suite les mêmes informations sur trois papiers différents. À midi, on est de retour au Chili. D'après Jessy, la piste jusqu'à Putre est facile. Il a raison : une montée un peu caillouteuse, quelques passages de sable, mais c'est tout. Google annonçait plus de six heures, on en met 4h30. Volcans, salar, flamants roses... on à même la chance de pouvoir déjeuner face au salar, c'est canon.




À Putre, on sent tout de suite qu'on n'est plus en Bolivie. La ville est charmante, et les prix aussi : 46 € la nuit d'hôtel. Mais le lit est ultra confortable et la douche fonctionne. Après notre échappée en fanfare de la Bolivie, on n'est pas mécontent de retrouver un peu de confort et puis le restaurant à 6 000 pesos par personne compense un peu.
Le lendemain, c'est parti pour 130 km de goudron en descente vers Arica. Des virages dans la montagne, puis le désert, et la chaleur qui revient : jusqu'à 30 °C. Arica n'est pas terrible, la plage non plus mais ça fait plaisir de revoir la mer après un mois et demi en altitude. On y fête nos huit ans de mariage avec une petite bière, des pâtes et une soirée série jusqu'à 1h30. Gros craquage. Le lendemain, on n'a rien de prévu et on n'a pas prévu d'en inventer. On s'offre un restaurant coréen le midi parce qu'on sature un peu du poulet-patates, ce sera notre seule folie de la journée. Par contre, en déambulant dans la ville on constate que le contraste avec la Bolivie est saisissant : routes, magasins, infrastructures... on a l'impression d'être de retour dans une société moderne.
Le 4 juin, direction la frontière péruvienne située à 8 km. C'est une frontière intégrée, c'est à dire que les deux postes frontières côté chilien et péruvien sont au même endroit, et il y a un monde fou. Un monsieur nous dépanne avec les papiers de suivi, puis on passe par six bureaux différents. Plus d'1h30 plus tard, on y est ! On obtient 90 jours de visa, ouf, on prévoyait au moins deux mois. En revanche, les bananes oubliées dans les sacoches, elles, finissent à la poubelle.
Le sud du Pérou, loin des circuits
Premier arrêt à Tacna pour retirer du liquide, et on regrette de ne pas l'avoir fait à la frontière : trouver une banque dans cette grande ville, c'est la galère. On mange dans un restaurant de patates et cochon. La cuisine est très salée, Adeline n'est pas fan, Thomas trouve ça bon. Puis on remonte dans la montagne jusqu'à Tarata. Le soir on décide de sortir prendre un goûter et on finit par commander une pizza puisque c'est l'heure du dîner... Que nenni: on découvre qu'il n'est pas 19h30 mais 18h30. Lorsqu'on a passé la frontière on a changé de fuseau horaire sans s'en rendre compte. Voilà pourquoi tous les restaurants étaient fermés ! Quels boulets.
On reste un jour de plus pour profiter des sources chaudes de Putina, près de Ticaco. Thomas a chopé la crève d'Adeline, il est patraque mais accepte quand même d'y aller. Les bassins sont un peu décevants, moins bien que ceux de la route des lagunes, mais pour 10 soles on profite de l'eau chaude. On y rencontre une famille péruvienne avec qui on discute politique: les élections présidentielles qui arrivent s'annoncent compliquées, on espère que cela ne va pas bloquer le pays. En rentrant, on découvre les Picarones, des beignets au miel, pour le gouter, délicieux !
Après cette escapade dans la montagne, direction Ilo, sur la côte, par la route 103 puis la 104 en ripio. On longe un lac turquoise et on se dit que c'est vraiment beau le Pérou. À Mirave, Thomas teste l'Inca Kola avec des tripes : 24 soles, une assiette énorme, impossible de tout finir. Quant à l'inka Kola, c'est spécial mais ça se boit! À Ilo, on passe une journée off au port de pêche, au milieu des lions de mer et des pélicans. Un péruvien nous offre un petit show avec les lions de mer mais petit bémol : à la fin de son numéro, il balance son sac plastique à l'eau, ni vu ni connu. Ça nous agace.




Puis on remonte vers Arequipa par le chemin des écoliers : Moquegua, puis Omate. Désert le matin, montagnes l'après-midi, un peu de ripio sablé à la fin. On n'est pas du tout dans la zone touristique et pourtant c'est un régal. À Omate, on tombe pile sur l'hôtel. Dans le garage, deux CRF 300 immatriculées au Canada. Michel et Angelina, retraités, sont partis il y a trois ans du Canada. Ils frappent à notre porte pour nous proposer d'aller dîner. On passe la soirée à la pizzeria à parler moto, voyage et bons plans au Pérou.

Le lendemain, dernier tronçon en ripio avec des paysages dingues, puis du goudron à partir de Puquina. En trois heures, on est aux portes d'Arequipa. Et là, il nous faut une heure pour faire 15 km. Des bouchons partout, Thomas commence à s'énerver. À 15h, on dépose les motos au garage où elles vont dormir quinze jours. On n'est pas sereins de les laisser, mais elles sont en sécurité.
Arequipa avec les parents
Le 10 juin, Adeline trépigne toute la journée. On s'occupe comme on peut : montage vidéo, articles pour le blog, coiffeur pour Thomas (tranquille pour deux mois). À midi, on découvre le marché San Camilo, 20 soles les deux menus, nickel. Déjeuner au marché est le meilleur moyen de manger de bons produits pour un prix abordable. En plus, l'ambiance est toujours sympa. À 19h30, Adeline file à l'aéroport récupérer Patrice et Patricia. Les retrouvailles sont émouvantes, on est contents de se serrer dans les bras. Par contre, on ne traine pas trop le soir, ils sont fatigués du voyage et du décalage horaire. On décide de se retrouver le lendemain matin, au petit déjeuner.
C'est drôle de retrouver des têtes connues au réveil, et en même temps c'est très naturel de les voir ici. On a prévu un Free tour en anglais le matin (on traduit) pour découvrir la ville, avec ses « pauses publicitaires » pour tel bar ou tel resto. On apprend qu'Arequipa signifie « lieu de passage » en quechua et que les volcans autour forment une famille : la mère, le père et les enfants. Les lamas de la réserve nous laissent de marbre. Faut dire qu'après huit mois à en croiser en liberté, on est un peu blasés. Au marché San Camilo, les parents découvrent le stockage de la viande à la péruvienne. Nous, on est surtout agréablement surpris qu'il n'y ait pas de mouches. Le soir, on va assister au coucher de soleil depuis un mirador qui teinte les volcans en rouge. C'est bref, mais très beau.

Le lendemain on poursuit notre visite touristique et culinaire. On s'offre un bon repas à la picantería El Mundial, une des meilleures de la ville. Par contre, 100 soles pour deux, c'est notre record au Pérou, heureusement que les quantités sont énormes. L'après midi on va visiter le monastère Santa Catalina, 50 soles l'entrée. Le budget explose aujourd'hui, mais c'est immense, les murs sont ocre et bleus, on se croirait presque au Maroc. On y passe plus de deux heures, cela valait le détour.

L'île Amantani, chez Nestor
Après 2 jours sur Arequipa, on reprend la route pour découvrir le lac Titicaca.
Objectif : deux nuits sur l'île Amantani, dans la famille de Nestor. Y aller est une aventure en soi. En théorie le bus arrive à Puno à 13h et il n'y a pas de bateau l'après midi pour se rendre sur les iles. Il y a une autre option en passant par le port de Chifron, encore faut il réussir à avoir le dernier bateau qui part à 15h. On découvre les options au fur et à mesure, grâce aux indications de Nestor, et on décide de tenter la 2e option pour s'éviter une nuit à Puno. Le taxi nous récupère à notre hôtel à 6h30, ensuite le trajet en bus est interminable. On mettra plus de deux heures rien que pour sortir d'Arequipa. On arrive à Juliaca à 13h15. On doit encore prendre un taxi puis un bus qui nous emmène jusqu'à Capachica d'où on pourra (enfin) prendre le bateau. Finalement un taxi propose de nous emmener directement au port pour 100 soles. Vu l'heure qu'il est on accepte, et on attrape le bateau de 15h. Chaud chaud chaud. Voyager en bus, c'est d'autres repères, mais avec quelques mois de voyage dans les pattes, on arrive à guider les parents à travers ce labyrinthe.
À l'arrivée, surprise : la maison de Nestor est de l'autre côté de l'île, et il faut y aller... en moto. Nous voilà chacun à grimper derrière un chauffeur avec nos bagages. Les chemins sont étroits, pavés, il y a des trous: sensations fortes garanties. Thomas croit se planter plusieurs fois. A 15 soles par personne, c'est presque plus cher qu'un almuerzo. On se promet de faire le retour à pied. Une fois, pas deux.

En fin d'après midi, on passe un moment avec Nestor et sa famille puis le soir ils repartent sur la colline, où se trouve leur lopin de terre, pour arroser des pommes de terre afin qu'elles gèlent pendant la nuit. Le lendemain, on les aide à les éplucher, et on avoue qu'on ne comprend pas grand-chose : pourquoi les faire geler, pourquoi marcher dessus ? En fait, c'est le chuño, une technique de conservation vieille de plusieurs siècles. Les patates gèlent la nuit à presque 4 000 m, dégèlent au soleil, puis on les piétine pour en chasser l'eau et détacher la peau. Répété pendant des jours, ça donne une pomme de terre déshydratée qui se garde des années. De la lyophilisation avant l'heure. Nous, on se demande s'ils n'auraient pas intérêt à mutualiser des machines. Eux font tout à la main, sur des terrasses où aucun tracteur ne passerait, et avec un savoir-faire qu'on ne mesure qu'après coup.

On rencontre aussi les cuyes, les cochons d'Inde, plat de fête ici, et on épluche des fèves. On monte vers Pachamama et Pachatata, la terre mère et la terre père, deux sanctuaires au sommet de l'île, avec une vue sur tout le lac. Le midi, on déjeune avec toute la famille. Des moments simples, sans chichi. Plus tard, on croise des touristes en habits traditionnels et on se moque un peu : se déguiser, c'est tout ce qu'on n'aime pas dans le tourisme. Sauf qu'à 16h, Nestor insiste pour qu'on enfile les habits de fête pour le coucher de soleil au sanctuaire. On ne veut pas le froisser. On avait bon dos ce matin... Et vu le froid, on n'est finalement pas malheureux de les porter. Le soir pendant le dîner, Nestor joue un morceau de musique à flûte. On essaye de souffler quelques notes mais on manque de technique!



Le dernier matin, on va chercher les moutons avec Nestor et Sylvia, puis on fabrique de la farine de quinoa. C'est leur quotidien, et on est ravis d'y avoir goûté. Vers 12h on retourne au port à pied, comme promis.
En bus vers Cusco : Juliaca, Sicuani, Raqchi et Layo
Au retour, le bus local pour Juliaca coûte 5 soles par personne. On réalise que le taxi qu'on a pris à aller était vraiment cher, mais au moins on aura eu notre bateau! On arrive au terminal de bus et on décide d'aller jusqu'à Sicuani. On a quatre heures à tuer avant le bus de 19h, on en profite donc pour aller se balader dans la ville. On se rend rapidement compte qu'on est l'attraction du jour, des jeunes nous prennent pour des Américains et, apprenant qu'on est français, nous parlent de Mbappé. De retour au terminal, on assiste à un concert, les rabatteurs hurlent « Cusco ! Arequipa, Arequipa, Arequipa ! ». Fatigués par le bruit et l'attente, on se met à les imiter discrètement, en se marrant. Il est enfin l'heure d'embarquer. On observe les péruviens qui montent dans le bus avec d'énormes cabas qu'ils ne veulent pas mettre en soute. Autant dire que le chauffeur est étonné de nous voir avec nos petits sacs à dos. Le trajet jusqu'à Sicuani est épique: contrôle de police en pleine nuit pour s'avoir s'il n'y a pas des produits de contre-bande, des virages qui s'enchaînent, un bus qui tangue et voilà qu'un sac tombe sur la tête de Patrice... Décidément, on aura tout fait aux parents. Heureusement on arrive à Sicuani vers minuit sains et saufs. A notre arrivée on est content de trouver un hôtel confortable.
Le lendemain, on prend un minibus qui nous emmène au site inca de Raqchi, dédié à Wiracocha, pour 3 soles. Quand on pense qu'il n'y a plus de place dans le véhicule, il y en a encore. Prendre le bus c'est vraiment une expérience en soit! On arrive sur le site archéologique en même temps que deux groupes mais ils repartent vite et on se retrouve assez rapidement seuls à admirer la maçonnerie du temple. C'est intéressant à découvrir, les Incas avaient un véritable talent et une technique particulière pour construire des bâtiments. On reste à les admirer quelques instants. Thomas, qui est de nouveau malade, en profite pour faire une sieste.
Après 2 nuit à Sicuani, on prend de nouveau un mini-bus direction Layo. Voyager en back pack c'est une autre organisation pour nous, d'autres réflexes, mais cela nous permet de découvrir le pays autrement.
On décide d'aller à Layo, pour découvrir la montagne aux sept couleurs de Pallay Punchu. Le mini-bus coûte 7 soles par personne. En principe, on devrait mettre 1h30 pour arriver sur place mais c'est sans compter une heure d'attente à Langui, la route est coupée à cause des travaux. Elle ne réouvre qu'à 12h. A midi pile tout le monde s'élance en même temps sur le chantier. Evidemment, c'est le bazar mais on finit par arriver à destination. Le logement que nous avons réservé est rustique. On a réservé une chambre avec « deux lits deux places » qui sont bien petits. On va se tenir chaud cette nuit! A peine arrivés, on décidé d'aller déjeuner avant d'aller voir la montagne. C'est à ce moment là qu'Adeline s'aperçoit qu'elle a oublié sa casquette dans le van. Elle est furax. Et puis, en remontant sur la place, elle repère un van au loin... avec le chauffeur, sa casquette sur la tête, à deux minutes de repartir. Improbable. Pour la montagne, en revanche, c'est l'échec : Google annonçait 5 km mais après 2h de marche des Allemands croisés en route nous en annoncent encore 9km. Il est 16h, on décide donc de faire demi-tour. On aurait probablement dû accepter l'offre du propriétaire, qui voulait nous y déposer.

Comme on l'avait envisagé, la nuit a été folklorique. Le matin, on ne traine pas trop au lit et on file sur la place principale pour trouver un petit déjeuner. Une fois arrivés, on se fait photographier à notre insu. On se sent un peu comme des bêtes de foire, et on se dit que c'est sûrement ce que vivent les Péruviens en habits traditionnels, pris en photo à longueur de journée. Vers 10h on prend bus pour Sicuani, et un second aux amortisseurs morts jusqu'à Cusco. Les paysages sont incroyables mais les parents s'esclaffent et ne sont pas rassurés sur le ripio. Nous, on est presque déçus de ne pas être à moto.
Cusco en pleine fête
On arrive à Cusco en fin de Journée. Premier contact avec Cusco pendant les fêtes de juin : la ville est très touristique, beaucoup plus qu'Arequipa, et ça se ressent: cappuccino à 9 soles, vendeurs ambulants partout, mais on doit reconnaitre que la place des Armes est superbe avec ses balcons en bois et la cathédrale incroyable. Le lendemain matin les parents profitent de ce passage à Cusco pour réserver un tour opérateur pour la suite de leur voyage au Pérou. Ils ont réservé 15 jours auprès d'Escapate Slow Tourism pour visiter la côte et faire un trek après notre départ. Ils sont contents du programme et nous rassurés de savoir qu'ils vont être bien accompagnés. Après avoir préparé la suite, on file au marché San Pedro, on mange côte à côte au comptoir ce qui fait sourire les parents. L'après midi on déambule dans la ville, on découvre le quartier San blas, Cusco est définitivement une belle ville.
Le soir, on veut rejoindre un restaurant italien que Patricia a repéré car ils servent des spritz. Pour y aller, on décide de couper par la place d'Armes mais en pleines fêtes de Cusco, c'est une grave erreur. On se retrouve coincés dans une foule compacte, immobiles. Des gens assis par terre refusent de bouger pour qu'on puisse circuler et la police est dépassée. On prend peur. Une ouverture finit par se créer et on s'en sort mais non sans quelques frayeurs. Ce sera deux spritz pour la peine ! Le repas est top... jusqu'à ce que Patrice découvre qu'on lui a volé son porte-monnaie. Dedans, seulement 20 soles, mais surtout les clés du logement. Adeline n'a presque plus de batterie, et c'est la seule à avoir le numéro de l'hôte. Heureusement vers 22h on obtient une réponse, il nous donne rendez-vous dans un autre restaurant avec un double. On n'aura pas besoin de dormir sur le trottoir! Mais nous voilà à 23h, à traverser Cusco en fête, musique et alcool partout, une vraie fête de village. On tombe même sur un feu d'artifice. Thomas se marre : « décidément, on aura tout fait à tes parents ! ».
La Vallée sacrée en voiture de location
On loue une voiture pour quatre jours. Adeline prend le volant dans Cusco avec une règle claire : seul le copilote donne des indications. Boleto turístico en poche, on attaque par Tambomachay (juste une fontaine inca, réglé en 30 minutes) et Puka Pukara où c'est surtout la vue qui vaut le détour selon nous.

On file ensuite à Pisac où on a réservé une auberge de jeunesse pour la nuit. Les avis sur booking sont très bons et les photos donnent envie d'y aller. Arrivés sur place l'auberge au jardin magnifique se révèle être un repère de hippies. L'accueil se fait en pyjama et l'ambiance est très, très détendue. A peine le temps de déposer nos sacs et on file dans le village pour visiter. On aperçoit des affiches de chamanes partout, des cérémonies à tous les coins de rue, proposées surtout par des Européens. De retour à l'auberge la soirée est loufoque, avec un voisin sous champignons qui tape la discute à Thomas toute la soirée. Les parents rigolent : « c'est une expérience ». Par contre, pas sûrs qu'ils la renouvellent vu l'état des draps dans leur chambre.
Le lendemain on file visiter Le site archéologique de Pisac, qui est gigantesque et magnifique. On arrive en fin de matinée et la plupart des groupes sont sur le départ, on peut donc profiter tranquillement du site pendant les 2h de visite. Le site est pentu, c'est sportif de visiter mais c'est vraiment une belle découverte qui mérite le détour.

On prend ensuite la direction de Calca, où il ya une fête de village. C'est tout naturellement qu'on décide de s'arrêter manger à un stand: poitrine de porc au barbecue, patate douce, salade oignon, menthe, tomate et une chicha morada, la boisson de maïs violet. On se régale.
L'après-midi, on emprunte une piste jusqu'aux eaux thermales de Lares. Patricia n'est pas sereine au début mais ça passe. L'entrée coûte 10 soles, cela vaut largement le coût. On passera plus de deux heures dans une eau brûlante face aux montagnes, et on en ressort tout orange à cause des minéraux. Le soir on a le plaisir de se reposer dans une chambre d'hôtel confortable, il n'y a pas de petit bonheur.

Le lendemain, on se dirige vers Ollantaytambo mais on n'avait pas prévu qu'il y ait 60 km de piste. Avec une voiture de location à boîte automatique, dont on se demande si cela va passer. Le propriétaire de l'hôtel qu'on pouvait prendre la piste avec la voiture, ça passe, mais à la première côte, et vu la quantité de cailloux, on a quelques doutes. Finalement, la voiture fait le job et on se régale: les paysages sont fous. Dans un coin de notre tête on en peut pas s'empêcher de penser qu'on aurait aimé la faire à moto ! Arrivés sur place on découvre qu'Ollantaytambo est une forteresse immense, mais blindée de monde. Pour le coup cette fois çi on n'échappera pas à la vague de touristes. C'est le jeu, on doit composer avec. Par contre le soir on galère à sortir de la ville entre les travaux et la circulation, ce qui donne lieu à quelques tensions. Heureusement, le soir on atterri à "la Bull House", un hôtel situé à Urubamba qui nous permet de finir sur une note positive: le jardin est magique, il y a de l'eau chaude, et on se régale avec le diner proposé.

Après avoir passé 4 jours à voyager en voiture, c'est notre dernière journée dans la vallée sacrée. Au programme on a prévu la visite des salines de Maras, plus de 3 000 petits bassins transmis de génération en génération et alimentés par une source salée venue de la montagne, puis les terrasses circulaires de Moray. On est content d'y être allé mais on commence à se dire qu'un site inca par jour, c'est bien suffisant. Après cette visite, il est déjà l'heure de rentrer sur Cusco mais avant s'offre un restaurant au bord d'un lac histoire de faire durer le plaisir.

Une nouvelle qui vient de loin
Retour à Cusco et on a rendu la voiture sans souci. Pour ce deuxième séjour à Cusco nous avons choisi un hôtel dans le quartier San Blas. Pendant qu'Adeline récupère les chambres, Thomas est au téléphone avec sa mère : Papy est décédé. On le croyait immortel. On espérait le revoir au retour pour tout lui raconter.
C'est toujours compliqué, ce genre de nouvelle en plein voyage. On est à l'autre bout du monde, loin de la famille, et il faut encaisser avec la distance. Bien sûr, on se pose la question de rentrer. Mais ce serait mettre fin au voyage, et on n'est pas prêts. Ce soir-là, on décide de retourner au petit restaurant italien histoire de manger quelque chose de réconfortant.
Le lendemain, 24 juin, c'est l'Inti Raymi. Thomas reste se reposer, en plus il a été malade toute la nuit. Adeline, qui rumine, préfère sortir avec ses parents. Dès 7h30, ils sont adossés à un mur sur la place (les Cusquéniens conseillaient 6h mais il ne faut pas exagérer). Des Péruviens leur prêtent des chaises, juste avant une descente de police qui confisque tous les sièges de location inutilisés. À 11h, le défilé commence : des costumes, des couleurs, de l'histoire. Ça valait l'attente.
Le dernier jour, on assiste au défilé des enfants sur la place et on va visiter le site archéologique Saqsaywaman. Il se mérite, il est situé sur les hauteurs de la ville et la pente pour s'y rendre est raide. Ce sera notre dernière visite d'un temple et on fait un constat : ce qu'on aime le plus dans les sites incas, ce sont les paysages autour. Pour notre dernière journée sur Cusco on ne change pas nos habitudes. On file au marché San Pedro pour déjeuner et on va prendre un café au même stand que les précédents jours. D'ailleurs, la dame nous reconnaît et nous sourit, on est devenus des habitués.
Le soir, on prend un bus de nuit Cruz del Sur pour retourner à Arequipa. Le terminal de bus est incroyablement moderne, on se croirait dans un aéroport! On arrive à destination à 5h45 au lieu de 7h... on va à l'hôtel en espérant avoir un endroit où se reposer et finalement, nos chambres sont libres! On file se coucher, trois heures de sommeil en rab ça ne fait pas de mal. C'est notre dernière journée à quatre, demain chacun poursuit le voyage de son côté. Le soir on décide donc de se faire un dernier restaurant pour fêter ces 15 jours de vacances ensemble.

Les au-revoir sont bien évidemment émouvants. Demain, les parents partent vers le canyon de Colca en bus. Nous, on récupère les motos et on prend la même direction mais en prenant la piste!
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