chutes, entorse et un mécano qui sauve tout
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chutes, entorse et un mécano qui sauve tout

« Ce n'est pas la route qui te brise. C'est de croire qu'elle devrait être facile. »

Trois semaines. Une grosse chute et une fracture. Un garagiste qui oublie de remettre les vis sur les pieds de fourche. Et au bout du tunnel, un mécanicien à Constitución qui remet tout en ordre en deux jours. Entre Puerto Varas et la côte Pacifique, le Chili ne nous a pas lâchés, dans le bon sens comme dans le mauvais.


Le garagiste qui n'a rien fait

Cinq jours d'attente à Puerto Varas pour changer les pneus de l'AJP et checker les 2 motos. Cinq jours sans nouvelles d'Alejandro, bon en même temps on est arrivés un jeudi soir... mais on avait pris rendez-vous en amont et prévenu qu'on avait besoin de récupérer les motos en début de semaine. Quand on débarque à son atelier vers onze heures le mardi, les motos ne sont pas prêtes! Sauf qu'on a prévu d'aller à Puerto Montt le soir même pour une session kendo. Nous voilà donc à déménager toutes nos affaires au garage pour libérer notre auberge de jeunesse, préparer un sac à dos de fortune et filer à Puerto Montt en bus.

Heureusement que pour rattraper la journée, on passe une bonne soirée avec les kendokas de Puerto Montt. Le dojo n'est pas très grand, une dizaine de pratiquants, mais on passe un super moment. Pour couronner le tout, on partage une bière après le cours, on a des conversations sur la vie au Chili et en Amérique latine: tout ce qu'on aime. Couchés à 0h30 dans un lit confortable. Il n'y a pas de petit plaisir.

Kendo Puerto Montt

Le lendemain on est de retour au garage, bonne nouvelle: l'AJP de Thomas est prête. Bon, la facture est salée mais avec 500 € de pneus (c'est le tarif pour pour une paire de Motoz Adventure au Chili), on s'y attendait. En revanche, l'Himalayan d'Adeline n'a pas été touchée: la plaque n'est toujours pas fixée, les feux additionnels ne fonctionnent pas et elle couine autant qu'avant. Adeline peste... On paye quand même pour les pneus neufs, on charge les motos et on reprend la route. On réglera ça plus tard.


Pucon : rally et vis manquantes

Direction Pucon où se déroule une étape du rallye Trail Trophy, organisé par Carlos, importateur officiel d'AJP au Chili. Thomas à hâte de le rencontrer !

Sur le chemin on croise plusieurs participants qui en voyant nos motos nous font signe "eh c'est dans l'autre sens !" .. ah visiblement on est sur la même piste que le rallye mais en sens inverse, cela nous fait bien rigoler!

On arrive dans le parc national Villarrica, et là, la piste devient sérieuse. Un pilote sur une AJP PR7 s'arrête et nous déconseille de continuer vu notre chargement. On suivra son conseil, ce qui nous fera faire un détour de 100km au lieu des 31km prévus initialement. On arrive finalement à Pucon vers 19h30 où on apprend que le pilote en question n'était autre que Carlos qui fermait la marche.

rally_Pucon

Au village du rally, il y a une bonne ambiance. On discute avec Carlos et quelques autres pilotes et finalement on décide de rester deux nuits pour la remise des prix le lendemain. Mais ce soir-là, au moment de mettre l'antivol, Thomas découvre qu'Alejandro a oublié de remettre les vis sur ses pieds fourche. On a fait 400 km dans cet état: hyper dangereux. Thomas écrit à Alejandro et à Carlos. Alejandro propose d'envoyer les pièces pour mardi. No way. Les nerfs sont à vif, mais ici il y'a plein de pilote d'AJP et un tout un tas de mécano, on va bien trouver un solution.

pied de fourche

Le lendemain, KTM Pucon nous reçoit malgré un planning complet. Ils vérifient l'alignement de la roue avant et de la fourche, posent de nouvelles vis et todo bien. Finalement, plus de peur que de mal. On respire, et on repartira serein.


La loi des séries.

Sur une piste humide et boisée, Thomas voit une pierre et un trou, il prend le frein arrière et la moto part en travers. D'habitude pas de problème mais avec le chargement, l'avant se dérobe et Bam! Il se redresse et dit tout de suite qu'il s'est fait mal. Le pied gonfle vite, trop vite. On abandonne Cunco et on file directement à Temuco pour aller consulter.

Le lendemain, on se rend dans une clinique privée sur les conseils de Jessy, un Français installé ici. La prise en charge est rapide. Thomas passe une radio, le résultat sans appel : entorse avec arrachement osseux. On espérait une simple entorse, mais la fracture est bien là. Déjà en janvier dans la réserve de Payunia, Thomas avait entendu un crack. On n'avait pas voulu s'arrêter, pas voulu rater Ushuaïa. Cette fois-ci, plus question de faire l'autruche. Botte orthopédique et repos total. Les béquilles, on refuse, trop compliquées à transporter. On décide d'être raisonnable, mais on fait des choix.

Ce soir-là, le coup est dur. On digère ça sans trop parler.

casque

Un arrêt forcé et une super rencontre avec Barbara

Deux semaines d'immobilisation entre Temuco et Concepción. Thomas se repose, travaille sur un nouveau projet d'application, essaye de s'occuper mais ce n'est pas toujours facile, surtout quand il n'y a pas de wifi dans les logements qu'on réserve. Oups. Adeline essaye de garder le rythme: elle se balade, fait les courses et gère les trucs en attente comme la réparation de son pantalon de moto.

A Temuco, c'est Barbara, la sensei du dojo, qui change la donne. Elle propose de servir de guide à Adeline : visite de la ville et de ses marchés ainsi que le Cerro Nielol. Elle l'emmène dans des coins qu'on n'aurait probablement pas explorés seuls. C'était super.

Pendant cette pause, le Kendo reste l'ancre sociale. Temuco, Concepción - on débarque dans les dojos, on pratique et on partage des moments conviviaux autour d'une bière. Cela fait du bien au moral. D'ailleurs, on peut compter sur l'entraide des Kenshis pour cela. Un soir, alors qu'Adeline est allée seule au kendo, Barbara décide d'acheter une bière à Thomas pour lui remonter le moral: elle trouvait qu'il avait l'air triste la veille! À Concepción, Adeline fait une session de 2h30: katas, suburis, kihons, keikos, la totale avec des explications très fines du prof. Cela laisse Thomas admiratif et un peu critique sur son propre niveau. C'est aussi ça le Kendo, la remise en question permanente.

kendo

Cette pause est aussi l'occasion de réfléchir sur notre manière de voyager. On entend souvent parler de slow tourisme, des gens qui ralentissent vraiment, qui ne cherchent pas à tout voir et peuvent s'arrêter plusieurs jours voir semaines dans une ville parce qu'ils sont sous le charme. De notre côté, nous essayons de ne pas enchaîner les kilomètres, de prendre le temps de découvrir chaque pays, mais de là à s'immobiliser deux semaines... Cette fois, le destin a tranché. Alors on prend le temps, on observe. Ce n'est pas toujours waouh, mais on découvre la vie au Chili.


Pullay : brouillard et lions de mer

Après avoir visité les dojos de kendo, direction la côte. La route vers Pullay commence mal : le GPS nous envoie sur du ripio imprévu alors qu'on cherche à préserver la cheville de Thomas. Nous voilà également à passer derrière un engin de chantier sur de la terre fraîche profonde. Finalement ça passe mais Adeline peste.

La côté est magnifique mais en arrivant, le brouillard du Pacifique tombe d'un coup et on ne voit plus rien. Heureusement, lorsqu'on arrive à Pullay cela se dégage un peu. On a pris une chambre avec vue sur la mer dans un cadre sauvage. Un petit coin de paradis pour surfeur, l'endroit est splendide. Idéal pour y passer quelques jours de repos.

pullay

Teo et les motos enfin réparées.

Constitución. On y passe trois jours, pour visiter le bord de mer et surtout confier l'AJP à une personne de confiance: Teo Pinto, mécano et pilote d'un AJP PR7. Croisé lors du rallye à Pucon, il avait proposé de s'occuper des motos après notre déconvenue à Puerto Varas. Il tient sa promesse. Dès le lundi matin, on lui dépose les deux machines. Son oeil est expert, ça se sent immédiatement. Il envoie des photos au fur et à mesure de l'avancée des travaux, nous tient informés de chaque intervention. L'Himalayan d'Adeline ne couine plus, les feux additionnels fonctionnent, L'AJP de Thomas est vérifiée: au top!

Teo

Le mardi soir, on lui propose de se retrouver pour manger burger et boire une bière. Il passe nous récupérer et voilà qu'on se retrouve à deux sur le siège passager de sa voiture, no problemo. On parlera évidemment moto et voyage pendant une bonne partie de la soirée. Constitución restera un bon souvenir, même avec les chiens qui ont hurlé toute la première nuit. "Oh, c'est l'Amérique latine..." dira la patronne de l'hôtel, philosophe.

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